Owen Morvan

Un blog à la mémoire de notre fils, Owen, victime innocente d'un tragique accident de la route à l'âge de 14 ans.

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mercredi, octobre 15 2014

Plus de 27 mois qu'on t'a tué Owen, aucune réponse pénale à ce jour ...

vendredi, juillet 25 2014

Owen, tu nous manques ...

samedi, juin 28 2014

Jour de tristesse, plus intense que les autres.

Ce 28 juin 2014, que tous aient une pensée pour toi, Owen, dont le sourire n'éclaire plus nos jours depuis ce jour tragique.

Je poste une photo de toi, où tu ne souris pas, elle était destinée à ta nouvelle carte d'identité pour les dix ans à venir. Tu ne pouvais pas imaginer qu'il ne te restait que trois mois à vivre, nous non plus.

Personne n'a envie de sourire aujourd'hui, Owen, et c'est le cœur serré que je partage cette photo, avec néanmoins l'espoir que ceux qui t'ont connu et aimé ne t'aient pas oublié.

Nous pensons à toi Owen, toujours, ta mort est révoltante et inadmissible.

Tu nous manques Owen, nous sommes si tristes sans toi.

Nous attendons que justice se fasse Owen, mais la justice semble considérer que cela peut attendre, qu'il y a d'autres priorités.

Inlassablement nous attendons que cesse le déni de la gravité de cet acte de mort,

mais la justice semble sourde et muette ...

vendredi, juin 27 2014

Deux ans que tu es parti ...

Rappelle-toi Owen, il faisait beau ce jour-là

un des seuls beaux jours du mois de juin, maudit soleil,

Tu es parti, heureux, des idées plein la tête

des projets pour l'été qui s'annonçait.

Je te tournais le dos, le nez penché sur ma grille de mots croisés.

Nos regards ne se sont pas croisés une dernière fois

quand tu m'as dit "bon j'y vais" et que je t'ai répondu "OK, à tout à l'heure"

et que j'ai ajouté "sois prudent" et que tu m'as lancé "t'inquiète" en partant.

Puis je me suis levée,

je me suis précipitée dans le garage, avec un prétexte quelconque pour te voir,

mais tu étais déjà parti, Owen, mon étoile, tu avais déjà filé ...

Oh Owen, aujourd'hui il fait encore beau, comme il faisait beau avant,

mais maintenant tout est terne et sans éclat sans toi;

et les rayons du soleil jamais ne réchaufferont nos cœurs,

meurtris, broyés, brisés, poignardés par cette lame de fond.

Condamnés, à perpétuité, à la peine à vie,

pas de recours en grâce pour nous, tes parents, frère, sœur, proches et amis,

Condamné à mort, à la merci de cette maudite voiture,

pour toi la sentence était sans appel,

et ton cœur à toi ne bat plus et ne battra jamais plus.


mercredi, mai 28 2014

Bon anniversaire, OWEN !

Tu aurais dû souffler tes seize bougies aujourd'hui, l'âge qu'avait ton frère quand tu nous as été si brutalement arraché. Cela fera bientôt deux ans que ta vie t'a été volée, le deuxième anniversaire sans toi, une "fête des mères" sans tes bisous...

Il nous semble que nous avons traversé ces moments l'an dernier comme dans un épais brouillard, et que cette année la dure réalité est encore plus forte, plus frappante, plus cruelle.

Je ne peux plus rien t'offrir, mon fiston, si ce n'est tout l'amour que je te porte, mais je te dédie cette vidéo, qui reprend les dernières images, si précieuses, de toi parmi nous, sur une musique de Coldplay "We never change", qui commence par :


I wanna live life, never be cruel
I wanna live life, be good to you
and I wanna fly, never come down
and live my life, and have friends around


  Je veux vivre la vie, ne jamais être cruel, Je veux vivre la vie, être bon avec toi
  Je veux voler, ne jamais redescendre, Et vivre ma vie, Et avoir des amis

Oui, Owen, tu voulais simplement vivre ta vie ...

http://www.dailymotion.com/video/x1x4hgr_bon-anniversaire-owen_people

lundi, mai 5 2014

Mes deux visages

"Mes deux visages

Est-ce que tu vas bien ?
me demande-t-on
en passant.
Oui, bien, dis-je,
et montre
le visage qui va avec :
Mon "ça va bien" visage.

Mon autre visage,
je le cache avec amour
sous mes habits.
A la maison
je me déshabille.
Alors il a le droit
de porter le deuil."

Renate Salzbrenner

samedi, mai 3 2014

"Un beau combat"

Nous avons assisté le lundi 14/04/2014 à une conférence « Les Lundis de la santé » sur le thème du médicament. Était présent en particulier le Professeur Christian Riché, directeur du centre de pharmacologie du CHU de Brest, président du groupe « Médicaments et sécurité routière ». Ludivine Orriols, auteure de la thèse « santé et insécurité routière » le cite comme rapporteur. Christian Riché se définit lui-même comme « le père du triangle » (les pictogrammes d’alerte que l’on retrouve sur certaines boites de médicaments). A l’issue de la conférence, il nous a longuement écoutés, et a affirmé vouloir nous aider à mener ce « beau combat », selon ses termes. Il a à plusieurs reprises insisté sur le fait que "les mentalités changent lentement", et que notre association va y contribuer.


Cette conférence est en ligne ici et notre question est abordée à 54’30. 

Que notre combat soit reconnu et soutenu par un spécialiste de la question nous a conforté dans notre engagement et encouragé à continuer malgré les difficultés que nous rencontrons parfois et l'incompréhension ou l'indifférence de certains.

Oui, les mentalités doivent changer, et si maintenant chacun s'indigne d'entendre que dans les années 50 la conduite sous l'empire de l'alcool était considérée comme une circonstance atténuante, de nos jours il faut convaincre les conducteurs de respecter les pictogrammes d'alerte pour ne pas se mettre et mettre les autres en danger, et aucune loi ne condamne encore les automobilistes roulant sous l'emprise de médicaments altérant leurs capacités. Espérons que ce changement ne soit pas aussi long que pour l'alcool au volant, pour que d'autres familles n'aient pas à vivre le séisme qui nous a frappés, pour qu'Owen soit une des dernières victimes de l’inconscience d'un automobiliste.

Notre combat passe aussi par cette pétition en ligne, soutenez-nous en la signant, et en la diffusant largement (ne pas oublier de valider sa signature en cliquant sur le lien reçu par mail)

Mêmes effets, mêmes mesures : les médicaments psychotropes au volant pénalisés comme l’alcool et les stupéfiants !

jeudi, mars 27 2014

21 mois d'absence, 21 mois d'attente, 21 mois d'incompréhension ...

Mon cher fils, mon cher Owen,

cela fait maintenant 21 mois que cette conductrice t'a percuté, t'a détruit, t'a écrasé comme un vulgaire animal, t'a volé ta précieuse vie ...

21 mois que nous sommes anéantis, que nous tentons de faire face, pour ton frère, ta sœur, pour tous ceux qui nous aiment et nous soutiennent,

21 mois que nous apprenons à vivre avec une blessure béante en nous, qui ne se refermera jamais, qui nous ronge de l'intérieur,

21 mois que nous attendons que cette femme ait à répondre de ses actes, de ses paroles indignes, et qu'il nous semble que la justice t'a oublié, nous a tous oubliés: cette instruction qui dure depuis déjà un an et demi et qui n'avance pas, la juge d'instruction qui semble t'ignorer, nous ignorer, qui ne répond pas à nos courriers, qui nous donne l'impression de te mépriser, de nous mépriser par son silence ...

Les victimes, directes ou indirectes, sont totalement ignorées, pire, nous nous sentons insultés, outragés même, lorsque la France s'émeut pour un "lancer de chat", et que l'auteur passe devant la justice dans la semaine suivant les faits, en comparution immédiate et écope d'un an de prison ferme, pour une patte cassée ...

Ta vie aurait-elle moins de valeur que la patte d'un chat de gouttière ? C'est le message que nous donne aujourd'hui la justice de notre pays ...

Oui, Owen, je suis en colère, nous le sommes tous, nous ne pouvons pas rester neutre, garder notre calme, dormir sur nos deux oreilles, quand on constate tous les jours, à la lecture des journaux, que les biens matériels, les animaux, l'argent surtout, ont plus de considération aux yeux des juges que la vie humaine au regard des peines prononcées. 

Oui, Owen, je suis indignée de l'indifférence dans laquelle on laisse encore au volant de leur voiture des conducteurs qui n'ont plus leurs facultés, qui roulent alors qu'ils n'ont pas leur pleine conscience, que ce soit sous l'empire de l'alcool, de stupéfiants ou de médicaments qui provoquent les mêmes effets, qui pourtant font l'objet d'une mise en garde sur la boite.

Oui, Owen, je suis désabusée quand j'entends qu'aujourd'hui, lorsque ta petite sœur demande à un gendarme venu sensibiliser sa classe à la sécurité routière s'il contrôle les conducteurs sous l'emprise de médicaments, ce dernier lui répond tout simplement "non", sans chercher à comprendre la raison de cette question, sans la moindre interrogation de sa part, je me dis que le chemin est encore bien long.

Oui, mon fils, je suis effondrée à l'idée que d'autres victimes innocentes comme toi périront encore sur les routes de France cette année, et les années à venir si la loi ne change pas, si la clémence dont bénéficient les meurtriers de la route ne cesse pas.

Tu nous manques, Owen,

Tu nous manques terriblement, continuellement, viscéralement ...

jeudi, mars 13 2014

"Des amis en béton"

http://www.ouest-france.fr/solidarite-plouvorn-elisabeth-engrange-les-kilometres-pour-owen-1997857

Je ne suis pas du tout fan de Florent Pagny, mais cette chanson, entendue à plusieurs reprises à la radio m'avait interpellée par ses paroles, je vous les livre ici, elles ont aujourd'hui une résonance particulière suite à la parution d'un article dans le Ouest France (lien en cliquant sur la photo). Merci à Zabeth et Daniel, nos "murs porteurs", à tous ceux qui de près ou de loin nous soutiennent encore. 20 mois ont passé depuis ce jour horrible où Owen nous a été cruellement arraché, mais le temps n'apaise pas tout, cette douloureuse absence, nous le savons, nous l'éprouverons jusqu'à la fin de nos jours. La solidarité autour du défi sportif "Pour Owen", ces kilomètres qui s'accumulent en sa mémoire, le soutien à notre association "la route en toute conscience", toutes les attentions, la présence et la disponibilité, l'écoute ... sont autant de gestes qui nous touchent et nous aident à relever la tête, à avancer, pour Owen.

"Passée la folie des grandeurs
L'envie de jouer les grands seigneur
Passée l'ivresse, passée l'ardeur
Dont les fruits n'ont plus de saveur

Revenu de sept ans de malheur
D'un accouchement dans la douleur
Lassé de mentir, de faire l'acteur
Quand on n'est plus à la hauteur

Restent les murs porteurs
Des amis en béton
Un frère, une petite sœur
Pour voir à l'horizon


Restent les murs porteurs
Pour tenir la maison
Pour surmonter ses peurs
Ou vaincre ses démons


Des promesses la main sur le cœur
Plus fort que d'être le meilleur
Perdu dans le collimateur
Qu'on soit soldat ou déserteur

Des candy gravés dans le cœur
Des milliers d'heures de vol au compteur
Des beaux discours, des beaux parleurs
Qu'on soit dans le flou ou dans l'erreur

Restent les murs porteurs
Des amis en béton
Un frère, ou une grande sœur
Pour voir à l'horizon

Restent les murs porteurs
Pour tenir la maison
Pour surmonter ses peurs
Ou vaincre ses démons


De jouer les durs, les cascadeurs
Des souvenirs hauts en couleur
De l'utopie d'un monde meilleur
De tout ce qu'on a appris par cœur

Restent les murs porteurs
Pour se couper du vent
Pour tenir la longueur
Faire face aux tremblements

Restent les murs porteurs
Pour s'abriter du froid
Pour conjurer le malheur
Et retrouver sa voie"


mardi, février 11 2014

Foulées de Saint Divy le dimanche 2 février 2014

C'est là que l’aventure a commencé l'an dernier.

Le Challenge Pour Owen a depuis pris de l'ampleur, amenant le compteur du tour du monde à plus de 24 000 kilomètres.

Pour la bonne cause, pour rappeler à tous qu'il faut être prudent sur la route, qu'on ne prend pas le volant quand on n'a pas toutes ses capacités de conduite.

Pour éveiller les consciences, car un tel drame n'arrive pas qu'aux autres, les conséquences en sont malheureusement irréversibles.

Pour Owen, pour signifier à tous que personne ne l'oublie, pour se sentir plus près de lui en courant, en faisant ce qu'il aimait par dessus tout, en encourageant les coureurs.

Dimanche à Saint-Divy, nous étions une cinquantaine de coureurs, portant le maillot ou le dossard "Pour Owen" sous les encouragements de la famille et des amis d'Owen.

Eliott, le cousin d'Owen, et son copain Maxime ont remporté le podium de la course benjamin, comme l'avait fait Owen pour sa dernière course à Saint-Divy en 2011.

Solange est venue courir à Saint-Divy, car elle s'est souvenu que "c'est là qu'habitent les grands-parents d'Owen", elle leur offre en prime une victoire sur le 15 km.

Plusieurs coureurs de la BLAT sont venus courir alors qu'ils organisaient la veille au soir un Noz Trail à Brest.

Alors nous nous disons que la belle aventure continue, que nos fidèles coureurs répondent présent, portent volontiers le dossard, que d'autres vont peut être s'y associer.

Le flambeau de la solidarité n'est pas près de s'éteindre.

lundi, décembre 23 2013

Une photo de ton dernier Noël

Bientôt Noël, cette fête qui rappelle à tous le bonheur d'être entouré de sa famille et de ses proches est pour nous une torture supplémentaire, ajoutée  à celle que nous vivons chaque jour.

Bientôt un an et demi que tu nous as été brutalement et injustement arraché.

Ton dernier Noël parmi nous, il y a deux ans.

En ces moments de festivités, où tout le monde semble heureux, je m'interroge sur la femme qui t'a tué, Owen. Est-elle heureuse ?

Je me demande si elle aussi pense à toi tout le temps, et au mal qu'elle t'a fait, au mal qu'elle nous a tous fait ?

Je me demande si elle regrette son comportement et les propos qu'elle a tenus alors que toi tu gisais à ses pieds, dans le fossé, parmi les ronces.

Je me demande si, étant mère elle-même, elle mesure la douleur suffocante que nous ressentons de t'avoir perdu, les questions qui nous hantent face à l'absurdité de cet accident, et l'angoisse qui nous tenaille dans l'attente interminable d'un procès que nous espérons juste et impartial.

Je me demande si elle te parle, comme je le fais chaque jour, si elle te demande pardon tous les jours en se réveillant, comme chaque matin je te répète que je t'aime et que tu me manques.

Je me demande si chaque soir en se couchant elle repense à cet accident stupide qu'elle aurait pu éviter, comme, chaque soir, quand je tente de m'endormir, me reviennent sans cesse ces images choquantes de ton corps balancé tel un pantin sur sa voiture traîtresse.

Je me demande si comme ton Papa, rongé par le désespoir, des insomnies la maintiennent en éveil au milieu de la nuit, en proie à toutes sortes d'interrogations.

Je me demande si elle a saisi la portée de son geste sur ton frère et ta sœur, dont l'avenir est désormais déterminé par cette blessure vive, si elle peut imaginer l'ampleur de la cicatrice qu'ils porteront à jamais en eux, si elle mesure la défiance qu'ils ressentent face à l'avenir, aux adultes, à notre volonté de leur inculquer une ligne de conduite, quand ils constatent par eux-mêmes que leur vie, si précieuse soit-elle, peut être anéantie en une fraction de seconde par un adulte irrespectueux du code de la route, et ce, malgré toutes les précautions prises.

Je me demande si elle imagine tes grands-parents, à peine plus âgés qu'elle, devant faire face non seulement à la souffrance d'une perte contre nature, celle de leur petit-enfant, mais aussi, impuissants, à la douleur de voir leurs propres enfants ainsi dévastés.

Je me demande si elle a conscience des dégâts humains qu'elle a causés, irréparables, définitifs.

jeudi, novembre 28 2013

17 mois sans toi Owen

Les mois s'écoulent, puis viendront les années, quelle sensation de vertige à entrevoir les années à venir sans ton rire, ta boulimie de la vie, ton énergie si tourbillonnante.

Il ne se passe pas un jour sans que je prononce ton nom, te nommer, c'est te permettre d'exister encore parmi nous. Nos 14 années ensemble ne s'effaceront jamais, mais qu'elles semblent courtes à l'échelle d'une vie. Je les garde précieusement au fond de mon cœur, avec la peur d'oublier des détails de toi, de ta vie, que les souvenirs s'effritent avec le temps.

Alors tomber par hasard sur un petit mot sur lequel tu avais griffonné un code de jeu, un numéro de téléphone, retrouver un de tes dessins, évoquer une anecdote tombée dans les oubliettes ou encore en entendre de nouvelles évoquées par ceux qui t'ont connu, quel bonheur !

"Les morts ne sont vraiment morts que lorsque les vivants les ont oubliés"
proverbe malgache

mercredi, novembre 6 2013

Sauver des vies

L'association que nous avons créée est dans la presse de lundi dernier. Nous continuons nos actions, nous avons été présents le week end dernier à Morlaix où plus de 80 personnes ont porté le dossard "Pour Owen". Au-delà des kilomètres que nous cumulons pour réaliser à sa place le tour du monde d'Owen (son rêve d'enfant, nous savons, le connaissant, qu'il l'aurait fait un jour où l'autre), c'est un message de sécurité routière que nous voulons faire passer.

Beaucoup de coureurs l'ont compris, et ont pris le relai pour porter le message au-delà même de la Bretagne et de la métropole. 

Les témoignages de ces amis sportifs nous touchent beaucoup, leur engagement tout autant:

"Sensibilisé par votre message, j'ai arboré le dossard "Pour Owen" lors du Trail du bout du Monde couru le 07 juillet. Ces 37 kilomètres , je les ai couru avec à l'esprit cette tragédie qui vous a frappé. Merci à vous pour votre action... en souhaitant qu'un jour ce genre de drame ne puisse plus se renouveler."

"j'ai couru pour Owen (trail 57 km) et je peux vous dire que lorsque j'ai eu des crampes, je me suis dit que je n'avais pas le droit de me plaindre !"

"Bon courage pour la suite de votre combat."

"Votre association est d'utilité publique et j'espère que les choses vont bouger."

"Le 7 juillet dernier avait lieu le magnifique trail du bout du monde que j'affectionne tout particulièrement. Courir dans un tel décor, un plaisir indéfinissable. Et puis, bien que ce ne soit pas la 1ère édition pour moi, ce fut quand même un trail au goût tout particulier et donc une première pour moi en arborant avec une certaine fierté votre dossard, celui d'Owen, qui m'aura ému tout au long de ces 57km."

"J’ai bouclé les 168 kms de l’Ultra Trail du Mont Blanc avec OWEN en 31h28. Owen m’accompagnera sur tous mes trails, on y arrivera à boucler le tour du monde tous ensemble pour OWEN"

"Courir pour Owen me donne des ailes !"

Nous n'avons jamais vu Owen renoncer, jamais il n'a dit "c'est trop dur, je n'y arriverai pas". Comme lui, nous ne baissons pas les bras, nous voulons nous battre pour que la loi change, pour que la consommation de médicaments altérant la conduite soit pénalisée au volant, comme pour l'alcool et les stupéfiants. Toutes les personnes à qui nous en parlons sont d'accord avec nous. Dimanche dernier, un coureur a parlé de sa mère, consommatrice de psychotropes et dangereuse sur la route qui continue de conduire malgré les supplications de ses enfants. Espérons que notre drame l'aura touchée et qu'elle comprenne que la route se partage. Espérons que des vies seront sauvées par nos actions, peut être que des vies ont déjà été sauvées, nous ne le saurons jamais, mais c'est ce qui nous motive pour continuer.

Surtout ne nous dites pas que la mort d'Owen aura au moins servi à cela. Sa mort est inconcevable et le sera toujours, elle ne se justifie pas, une mort ne "sert" à rien.

Comme il nous avait paru évident de faire don de ses organes alors que sa mort cérébrale était confirmée, ce combat nous le menons dans le même but de sauver des vies, d'éviter à d'autres ce cataclysme qui nous a frappé.

lundi, septembre 30 2013

Poème de Claude Couderc

Le matin amer dans ma bouche

Les mains lourdes
stériles.

Mes yeux glacés
La peur du réveil
Le cœur massif
comme brûlé
dans cette poitrine fracassée.

Le souffle gorgé de larmes écarlates.

Mes bras avides
de serrer l’enfant rieur
volé par la mort.

Mes lèvres engourdies
de ne plus dire son nom
de baiser ses cheveux
son front
tout son visage radieux.

Ce corps léthargique
corrodé par le chagrin
jusqu’où devrai-je le porter ?

Je survis au milieu des autres
sourd à l’exubérance de la vie.

Claude Couderc

Extrait de L’enfant dans les vents du monde

lundi, septembre 2 2013

Poème



Un caillou

Il en faut de l'amour, du travail et du cœur.
Il en faut des brindilles pour façonner un nid.

Il en faut des duvets, des plumettes et des fleurs,
Pour que chante l'oiseau qui s'éveille à la vie.

Il en faut des mouchettes, pucerons, vermisseaux,
Pour que poussent les plumes et que battent les ailes.

Il en faut du courage à ce petit oiseau,
Pour s'élancer un jour dans le vent qui l'appelle.

Mais pour que l'oiseau meure,
Il suffit d'un caillou.

Isabelle Fable

mercredi, août 28 2013

14 mois, l'été s'achève sans toi encore une fois ...

Aujourd'hui cela fait quatorze mois que  ta vie t'a été brutalement enlevée, que nous souffrons de ton absence.

Ce 2ème été sans toi, malgré ou plutôt à cause du temps exceptionnellement beau n'a fait que rajouter de la douleur à celle, lancinante, que nous éprouvons depuis ce jour tragique. Tu nous manques tant, nous ne nous habituons pas à ton absence, mais surtout, nous ne faisons que penser à tout ce que tu aurais pu faire si cette conductrice inconsciente avait eu la sagesse de ne pas prendre le volant cet après midi-là.

Facile d'imaginer comme tu aurais profité du littoral encore une fois, la plongée, les baignades, le surf, avec les potes bien sur, le sport, tout ce qu'un ado de 15 ans est en droit de vivre et que tu savais savourer. Mais tout cela t'a été volé.

Surement que nous serions partis, en famille, nous aurions choisi ensemble une destination, une formule qui convienne à chacun, nous aimions tant voyager, ensemble, tous les cinq. Mais ce bonheur nous a été volé.

Les championnats du monde d'athlétisme en Russie, tu les aurais bien sur suivis en direct avec ton Papa et ta petite sœur. Mais ce plaisir vous a été volé.

Travailler aux échalotes avec ton grand frère, ton cousin, ta cousine, tu y pensais déjà en juin 2012, les rigolades, le camping à Kerlouan, les barbecues, les parties de cartes, la fierté de gagner son propre argent. Mais ces moments qui auraient dû faire partie de tes souvenirs d'adolescent t'ont été aussi volés.

Au-delà de notre souffrance face à ce manque insondable, le pire c'est la mesure de tout ce que tu n'as pas eu la chance de vivre depuis le 27 juin 2012, depuis que ta vie si précieuse a volé en éclats, stupidement anéantie sur ce pare-brise. C'est aussi ce vertige de voir se dérouler devant nous une vie sans toi, de penser que tous tes amis, tes cousins et cousines, ton frère, ta sœur,  tous ces jeunes vont continuer leur chemin, fort heureusement, mais que toi, tu resteras à jamais dans nos souvenirs, dans nos cœurs, notre garçon extraordinaire de 14 ans. Cet avenir formidable qui se dessinait devant toi t'a été volé, et pour tous ces jeunes, la joie de grandir à tes côtés, de se construire des souvenirs avec toi leur a été volé aussi.

Les photos vieillissent mais pas les visages qui y sont, le tien restera à jamais le même. On t'a volé le droit de prendre de l'âge.

Owen, notre fils tant aimé, c'est ta vie qui t'a été volée, ton bien le plus précieux, que nous avions eu l'immense joie de te donner.

Le bien le plus précieux qui soit.

mardi, juillet 23 2013

Notre asso présente sur le tour de France

Nous avons suivi le Tour de France du 9 au 13 juillet afin de communiquer sur notre association "La route en toute conscience : le challenge pour Owen". Lors des championnats de France cycliste de Lannilis, Daniel avait eu la chance de rencontrer Thierry Adam, journaliste et commentateur à France TV. Très sensible à notre cause, il avait promis qu'il parlerait de notre association, ce qui n'a pas été possible ce 23 juin car l'hélicoptère était tombé en panne et la course était très animée. Néanmoins, le lendemain nous recevions un SMS de sa part "Désolé pour hier Panne d'hélicoptère Pas vu votre banderole Pas pu en parler en plus la course était agitée Promis je suis sensible à vos mots je le ferai sur le tour Amicalement TA".

Deux amis de Plouguerneau nous ont bien aidés pour peindre les messages sur les deux bâches, un voisin nous a laissé son hangar à disposition. Remerciements chaleureux à Jean-Michel, Pierrot et Dédé. (ici un diaporama d'une des bâches)

Grâce aux talents de dessinateurs des deux frères, les bâches ont été réalisées en deux jours. Nos efforts n'ont pas été couronnés de succès puisque l'hélicoptère du tour ne les a pas filmées. Cependant Thierry Adam a parlé de nous dans ses commentaires le jeudi 11 juillet. "On ne l'a pas vu tout à l'heure mais au km 50 il y avait l’association "La route en toute conscience", qui est une association qui s'est créée malheureusement après le décès du jeune Owen, renversé par une conductrice qui était sous médicaments, et qui a tué ce jeune garçon de 14 ans sur son vélo. Et puis, cette association était à Lannilis et suit le Tour de France et se trouve sur le bord des routes du Tour de France. L'association s'appelle "La route en toute conscience" de façon à lutter contre ceux qui prennent des médicaments, s'endorment au volant, et parfois, et bien, créent des drames dans des familles comme ce fut le cas pour ce jeune garçon de 14 ans." Ce jour-là nous sommes allés au village d'arrivée à Tours, où nous avons pu remercier Thierry de vive voix, il est sorti du studio pour nous saluer. Nous attendions Gérard Holtz pour lui remettre un courrier que nous avions écrit à son attention pour lui demander d'apporter un coup de projecteur sur notre association dans son émission d'après tour. Nous étions parmi une vingtaine de "fans" qui attendaient un autographe, ils seront déçus, Gérard étant parti par une autre sortie. L'équipe de France TV est tout à fait abordable, vraiment sympathique. Nous avons remis notre courrier à une collaboratrice de GH, qui nous a garanti de le lui transmettre mais ne garantissant pas qu'il le lise.

Gérard Holtz a certainement été touché par le sort d'Owen, car dès le lendemain il en a parlé dans son émission "J'ai une petite pensée pour Owen, Owen c'était un garçon de 14 ans, un jeune adolescent qui s'est fait renverser par une voiture, qui a été tué, il avait 14 ans donc, par une femme qui conduisait qui était sous influence de médicaments, et ses parents lancent voyez,  un appel, pour faire ..., pour qu'il y ait des règles maintenant et pour qu'on puisse contrôler les gens qui prennent des médicaments, et qui prennent leur volant surtout, sous influence de médicaments. "Prendre la route en toute conscience, quand je prends des médicaments, je ne conduis pas", voila ce que disent les parents d'Owen, et ils ont bien raison".

Marie-Hélène, Morgane, Maela et Léna  étaient présentes à l'arrivée du Tour, sur les Champs-Élysées le dimanche 21 juillet, sous un soleil de plomb, munies de leur t-shirt "Pour Owen" et de la banderole, qu'elles ont pu fixer à une barrière. Malgré leur patience, plus de sept heures debout dans la foule et la fournaise, elles n'ont malheureusement pas été visibles à l'écran.

C'est une bonne expérience malgré tout, notre association a fait parler d'elle deux jours de rang, à des heures de grande écoute, sur une chaine nationale, ce n'est pas rien. Owen n'est pas oublié de ses proches, et des journalistes parlent de lui alors qu'il n'est plus de ce monde. Bien sur, nous aurions préféré que Gérard Holtz ou Thierry Adam parlent d'Owen pour commenter ses exploits sportifs dans quelques années, mais une inconsciente du volant en a décidé autrement ...

Autre point positif, et pas des moindres, n'en déplaise à certaines personnes, rares heureusement, et agissant par derrière, exactement comme Owen a été tué, par derrière, et qui veulent nous arrêter, nous avons reçu un écho unanime et très favorable auprès des nombreuses personnes à qui nous avons parlé de notre association. Les français, si j'en juge par ce "panel", sont prêts à accepter une loi qui condamne et interdit la conduite sous l'emprise de médicaments altérant la vigilance. Des personnes prenant elles-mêmes des médicaments nous soutiennent et condamnent l'ivresse médicamenteuse au volant. Il est vrai que nous étions bien loin du contexte local ...

mercredi, juillet 3 2013

Marche silencieuse: le texte et les articles de presse

Merci à toutes les personnes présentes ce samedi 29 juin, un remerciement plus particulier à ceux qui ont quitté leur travail quelques heures pour se joindre à nous, aux athlètes qui n'ont pas pu être classés au triathlon du fait de leur présence avec nous le matin, et à Marie-Laure et Sylvie qui malgré leur jambe plâtrée sont venues en fauteuil. De multiples remerciements à nos amis signaleurs qui nous ont permis à tous de défiler en toute sécurité.

Texte

mardi, juillet 2 2013

Pour toi Owen

Pour toi Owen, nous étions plus de 600 à marcher samedi dernier,

Pour toi Owen, nous avons déposé des fleurs, des pétales colorés sur le sombre lieu de ton accident,

Pour toi Owen, nous avons tous, en silence, emprunté les deux kilomètres qu'il te restait pour pouvoir continuer ta vie,

Pour toi Owen, nous nous sommes recueillis dans les beaux souvenirs que tu nous as laissés,

Pour toi Owen, nous avons chaudement applaudi tes 14 années de vie "bien jouées",

Pour toi Owen, la famille, les amis, les copains et copines, des élus et tant d'autres sont venus dire "plus jamais ça" !

Pour toi Owen, l'association que nous avons créée, pour que tu sois la dernière victime de l'inconscience d'un conducteur,

Pour toi Owen, notre fils tant aimé, le courage que nous affichons est à la mesure de l'amour que nous te portons,

Pour toi Owen, ton frère et ta sœur continuent leur chemin en pensant à tout ce que toi tu ne pourras plus faire,

Pour toi Owen, tes cousins et cousines, tes oncles et tantes, tes grands parents, toute ta famille et les amis qui nous aident à tenir le coup,

Pour toi Owen, tes amis de l'athlétisme qui ont toujours été là, qui donnent tout pour toi,

Pour toi Owen, nous nous battrons, malgré tous les coups que nous recevons, pour que justice te soit rendue,

Pour toi Owen, nous ne nous tairons pas, nous ne nous terrerons pas !

Pour toi Owen, nous serons là pour rappeler que la victime c'est toi !

Pour toi Owen, jusqu'au bout, nous resterons debout, nous n'abandonnerons jamais, pour toi Owen.

jeudi, juin 27 2013

Un an que tu as quitté la maison pour ne jamais revenir.

Owen, tu t'es levé ce matin-là pour ta dernière matinée de classe, avec en tête des projets pour l'été, surfer, plonger, nager, camper avec les copains et copines, gagner de l'argent en travaillant aux échalotes ...

Ce midi-là quand nous sommes rentrés ensemble, tu t'es gentiment moqué de moi quand je t'ai montré avec fierté les petits cadeaux que m'avaient offert mes élèves de 6ème. Puis tu m'as annoncé que tu allais à vélo à l'entrainement d'athlétisme, avec Jean-Gui. J'ai tiqué, mais je n'ai rien dit, je te faisais confiance, tu avais passé une très bonne année scolaire, nos relations étaient sereines, je n'ai pas voulu t'en empêcher.

Quand tu es parti à vélo ce jour-là, je ne pouvais pas m'imaginer que ce seraient tes cendres qui reviendraient à Plouguerneau, que ce seraient tes cendres que la mer bercerait désormais ...

Puis ton Papa est rentré plus tôt que prévu, les yeux baignés de larmes, pour m'annoncer que tu avais été victime d'un accident, il ne savait rien de tes blessures, car quand il est arrivé sur les lieux de l'accident, les gendarmes l'ont empêché d'aller te voir, de te parler et de te tenir la main pour te réconforter. Ton Papa, tu le sais, souffre en silence de ton absence, comme nous tous, et aura à jamais le regret de ne pas avoir eu le droit d'être là, tout près de toi, avant que les secours ne t'emportent à l'hôpital. Là, je me suis dit qu'il ne fallait surtout pas paniquer, mais comment ne pas imaginer le pire à entendre ton Papa dire "ils ne m'ont même pas laissé le voir"?

Quand nous sommes arrivés à l'hôpital, le sol s'est dérobé sous nos pieds car on nous a d'emblée annoncé tes blessures à la tête, l'inutilité d'une opération, la pression dans ton crâne ... Les gendarmes nous attendaient pour nous expliquer ce qui s'était passé. Je me suis demandé pourquoi, alors que je disais que j'aurais dû t'empêcher de prendre ton vélo, l'un d'eux a répondu qu'on ne peut pas mettre nos enfants "dans des caisses". J'ai tout de suite pensé à un cercueil et je me suis dit "pourquoi dit-il cela ?"

Et puis nous sommes allés te voir, le choc, de te voir étendu sur ton lit en réanimation, intubé, perfusé, inconscient, brûlant de fièvre. Ton corps violemment malmené sur le pare-brise de cette voiture ne présentait aucune blessure externe. Une aide-soignante m'a tendu ton caleçon, qu'une infirmière s'est empressée de prendre, savait-elle, déjà, que c'était inutile? Je me suis aussi posé la question.

La famille est venue très vite, heureusement nous ne sommes pas restés seuls, des amis de l'athlétisme aussi, nous avions besoin de leur force pour y croire encore, tous les espoirs n'étaient pas perdus nous avait-on dit. On nous a dit "Owen n'a pas dit son dernier mot, c'est un battant, il s'en sortira". Ton grand frère est arrivé, il t'a supplié de guérir, nous t'avons tous murmuré à l'oreille combien nous t'aimons, combien nous avons besoin de toi.

Le soir, nous nous sommes pris dans les bras tous les quatre, ton Papa, ton grand frère, ta petite sœur, et moi, ta Maman et nous nous sommes dit que nous devions unir nos forces pour que tu guérisses.

Nous nous sommes préparés à une nuit interminable, ta dernière nuit ...

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